La crise sanitaire et le confinement vécu par des milliards de personnes sur terre affecte et chamboule notre quotidien. Tensions, disputes, mauvaise communication… Cette épreuve aura-t-elle raison de certains couples ? Le Docteur Albert Barbaro, sexologue et psychothérapeute dans le sud-est de la France à Nice, répond à nos questions.

Univer’Elles. Le confinement peut-il s’apparenter à un test pour les couples, comme cela peut l’être lors des premières vacances passées ensemble ?

Dr Albert Barbaro. S’il est vrai que les vacances sont un test pour beaucoup de couples, ce confinement va quant à lui être une épreuve pour bon nombre de ceux qui vivent ensemble. En effet, impossible ici de s’échapper de la confrontation permanente que va provoquer cette situation. Tout ce qui peut servir d’excuses au quotidien : le travail à terminer à la maison, la salle de sport, les répétitions de musique, ou les activités individuelles et les rencontres entre amis qui se terminent à point d’heure… Tout ce qui permet de se soustraire à la relation ne pourra plus être invoqué. La dynamique du couple va donc devoir s’adapter pour lui permettre de survivre, au risque de voir cet équilibre précaire se déliter lors de ce cantonnement.

Doit-on alors s’attendre à plus de tension au sein des couples ? Peut-il amener à des séparations ou des divorces ?

Dr. A.B. Si avant le confinement, le couple fonctionnait en bonne intelligence et que les échanges étaient opérants, il n’y a pas de raison de s’angoisser et que cela ne se poursuive pas. Au prix néanmoins de petits investissements conjoints afin de pérenniser, dynamiser sa sexualité et lui permettre de s’adapter à la situation et de s’inscrire dans ce nouveau contexte, dans la durée.

Pas question alors de rester en pyjama toute la journée et de réduire à néant les efforts effectués avant le confinement. Ne négligez pas votre séduction, votre sensualité, et les petites attentions du quotidien. En revanche, si précédemment au confinement, le couple vivait des difficultés avec son intimité, un repli sur soi et des échanges absents sur le sujet ou inopérants, il est illusoire de croire que dans cette situation d’adversité, les choses vont se résoudre d’elles-mêmes, sans effort.

Tous les couples pourraient-il donc vivre des moments difficiles ? Quels conseils donneriez-vous pour, qu’au contraire, cette situation puisse servir à la redécouverte de l’autre, à la proximité ?

Dr. A.B. Nul besoin de paniquer pour autant. Si la volonté conjointe est présente, le confinement peut être le moment idéal pour se retrouver, dialoguer, et pourquoi pas, remettre en place des moments d’intimité et de câlins en commun.

  • Faîtes en sorte que cette promiscuité se mue en proximité, pour que le temps paraisse moins long et surtout plus agréable.
  • En plus des conseils précédents, échangez sur vos désirs « avouables », mettez en place des jeux sexuels, des massages sensuels en écoutant votre corps et celui de votre partenaire.
  • Restez évidemment dans ce que l’autre peut entendre, dans la douceur, et dans le respect de chacun et de ses désirs.
  • Adoptez un rythme qui convienne aux deux, sans précipitation, car le temps est aujourd’hui votre allié.
  • Soyez créatif et imaginatif, en prenant soin de vous et de vos proches.

Mise en garde du Dr Barbaro 

Dans le contexte actuel de pandémie du Covid-19, il est primordial de respecter les recommandations d’hygiène et de sécurité préconisées, afin d’éviter la propagation du virus et de protéger de la contamination votre partenaire et vous-même.
Ainsi, si l’un ou les deux sont infectés, ou considérés comme fragiles, à risque, suspectés d’avoir été en contact récemment avec une personne infectée, présentent des symptômes pouvant faire craindre une infection, tout autre cas qui pourrait faire craindre une transmission du virus…, il est logique d’éviter les contacts physiques ; et de fait, les rapports sexuels, charnels durant la période préconisée.
Cet article ne s’adresse donc qu’aux couples qui vivent ensemble confinés, sans contact avec d’autres personnes en dehors de leur foyer et pour lesquels il n’existe aucun risque de contamination par le Covid-19. Ils ne doivent également pas avoir d’autres contre-indications à des rapports sexuels.

A lire aussi :
Coronavirus : qui des femmes ou des hommes sont les plus touchés ?
Covid-19 : « J’ai la rage », un psychologue à l’hôpital de Mulhouse témoigne
Taux de mortalité des plus faibles : comment l’Allemagne lutte-t-elle contre le coronavirus ?
Coronavirus : voici enfin un « référentiel de fabrication de masques » édité par l’Afnor
Coronavirus : la méthode sud-coréenne est-elle la bonne ?