Rohân Houssein, l’apprenti médecin devenu « tireur d’art-d’élite » pacifiste

Ambassadeur et explorateur français d’origine syrienne, Rohân Houssein se définit comme un « artiste géo-poétique engagé pour la paix ». En 2011, après 4 années d’études de médecine à la faculté de Marseille, un voyage déterminant pour les besoins d’un reportage en Libye, alors en pleine guerre, le pousse à changer radicalement d’orientation. C’est ainsi que l’art devient sa médecine douce, sa thérapie, son moyen d’expression, pour changer « les larmes des armes » en armes de « reconstruction massive » d’espoir, d’amour et de bienveillance. Comment ne pas y succomber ?

état pacifique

Je ne pensais pas un jour connaître ces temps difficiles
Une humanité en péril, où les puissants mercantiles
Affectent les civils toujours en première cible
Je n’ai que les mots en guise de soin palliatif
Afin de panser les blessures de leurs griffes Garder espoir en cette thérapie
Étât Pacifique, mon utopie
Réponse à cette réalité indigeste
Aux yeux du monde nous ne sommes que des indigènes
Sous les bombes ou sans nos têtes
Les charognards prendront nos restes (…)

Je ne prêterai allégeance qu’à l’Etat Pacifique
Au Califat d’Amour
Celui qui conquiert nos cœurs
Plutôt qu’un bout de terre

Je ne prêterai allégeance qu’à l’Etat Pacifique
Au Califat d’Amour
Celui qui anéantit l’horreur
Qui restaure un nouvel air.

Mes frères sortons de l’obscurantisme, du prisme de la peur
Décomposons nos lumières, en un spectre de couleurs
La beauté triomphera sur les ténèbres
L’apaisement sur la frénésie

Et un beau jour la haine s’inclinera
Face à l’Amour la Paix et la Poésie

Extrait du texte Étât Pacifque, recueil « Divinâmour », Ed. La Cheminante

Nul besoin d’explication, ni de transcription. Les mots employés laissent clairement entrevoir les intentions de ce poète, indéniablement pacifiste. Rap, slam, poésie, mode, vidéo, musique, dessin, peinture, street art… Ce soldat de la paix emploie toutes les « art-illeries » pour répandre une explosion de couleurs et de saveurs dans nos cœurs. C’est d’ailleurs sur nos âmes qu’il tire à blanc. Des piqûres de rappel nécessaires pour retrouver foi en l’humanité et trouver son chemin de paix intérieure.
Ayant pour héritage l’Orient et l’Occident, il se nourrit de ces cultures, y puise son inspiration et les honore, tout en parcourant le monde. Il nous en donne sa vision à travers ses nombreuses disciplines artistiques, sans lesquelles il se sentirait incomplet. « Le dessin est mon premier amour. Je dessine depuis l’âge de 3 ans. Chaque projet que j’entreprends, je le perçois comme une esquisse. Pour moi, tous les arts se complètent. Chaque matière représente un organe du corps humain. Si l’on m’en hôte un, je ne suis pas sûr de survivre. » C’est ainsi que Rohân s’est artistiquement construit. A 8 ans, il écrit déjà ses premiers poèmes. A 16 ans, il crée même sa propre marque, Deysham, en customisant des vêtements et des accessoires.

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L’art, une aventure humaine sur le chemin de la « trans-mission »

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Guidé par sa passion et son intuition, il laisse voguer ses idées et mûrir ses inspirations en fonction de ses rencontres impromptues lors de ses multiples voyages à Damas, Beyrouth, Singapour, Bali, Grenade, New-York, New-Delhi, Tokyo, et bien d’autres. Il retranscrit ses aventures à travers ses écrits, ses dessins, ses slams, ses vidéos, avec toujours pour fil conducteur, de nobles valeurs : amour, humanisme, paix et solidarité. Son ambition ? « Proposer un art multiple et utile, qui puisse être partagé, et inspirer les gens à poursuivre leurs rêves. »

En 2014, sa collaboration avec l’artiste Kalimat nous transperce avec « La Déclaration des Droits de l’Âme ».

Pour l’ambassadeur de la marque de peinture Pébéo, l’éducation est l’une des meilleures armes pour faire évoluer les sociétés. Le développement personnel en fait d’ailleurs partie : « Lors des différents ateliers d’écriture, de peinture ou de vidéo que je donne aux enfants et aux adolescents, je propose en premier lieu d’effectuer un exercice pour les mettre en confiance. Ils doivent lister sur une feuille les qualités d’une personne ou d’une personnalité qui les inspire. Je leur demande ensuite d’écrire « je suis » en face de chaque compliment. Tout de suite, la magie opère. Ils prennent conscience de leurs atouts. Je leur explique que les gens que nous admirons sont des individus vers lesquels nous souhaitons tendre. Le cours qui suit est systématiquement hyper-productif. Les nouvelles générations sont porteuses de beaucoup d’espoir. Il est donc primordial de transmettre dès le plus jeune âge l’amour de l’art, une voie par laquelle ils peuvent librement s’exprimer. Je suis convaincu que si l’on parvient à insuffler l’art et le développement personnel dans les structures éducatives conventionnelles, cela permettrait d’ouvrir un autre champ des possibles.»

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Une année sous le signe du « Divinâmour » et d’« Universal Love »

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Aujourd’hui âgé de 28 ans, Rohân vient de publier son premier recueil poétique « Divinâmour » aux Editions La Cheminante, dont il signe les illustrations internes. Il nous invite à partager un idéal commun, en « atomisant » les frontières et les barrières que les hommes érigent.

Son premier album de rap « Universal Love », sorti en mai dernier, nous emporte quant à lui dans une véritable aventure humaine où se mêlent les mélodies du français, de l’anglais et de l’arabe. A découvrir dès à présent sous toutes les plateformes streaming : hyperurl.co/universallove

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